Info nationale et internationale haut de la page
Un grand rendez-vous grec autour de l'internet
Un an après le refus des États-Unis de céder un pouce de leur contrôle sur l'internet, les représentants de plus de 90 États et les grands acteurs du réseau ont commencé à se réunir, hier à Vouliagmeni (Grèce), pour parler de l'avenir de la Toile.
Baptisée Forum sur la gouvernance de l'internet (FGI), cette rencontre d'une ampleur inédite placée sous l'égide de l'Onu est consacrée pendant quatre jours à nombre des grands thèmes qui agitent le Net : cybercriminalité, liberté d'expression, coût du réseau, protection des données personnelles.
« Le défi est d'amener à coopérer deux cultures : la communauté internet avec son cadre de décision informel, du bas vers le haut, et le monde plus officiel et structuré des gouvernements et des organisations internationales », a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans un message lu à la tribune par son conseiller spécial pour l'internet, Niti Desai.
Parmi les quelque 1.200 participants, figurent, en plus des pays, les principales sociétés opérant sur la Toile, notamment Yahoo !, Google et Microsoft, les grandes institutions internationales (UE, OCDE) ou encore les « pères » de l'internet, les chercheurs Vint Cerf et Robert Kahn.
La délicate question du contrôle américain sur le Web devrait s'inviter aux débats. Le Sommet sur la société de l'information de Tunis, en novembre 2005, avait été marqué par une vive opposition entre Washington et le reste du monde au sujet du statut de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), organisme sous contrôle du gouvernement US chargé de la gestion technique du réseau, qui a notamment le rôle clé d'attribuer les « noms de domaines » (les. fr,. uk,. net ou. com). Les USA avaient refusé de céder sur cette question, acceptant toutefois, en guise de compromis, le principe de création du FGI.
Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ou de la liberté d'expression, représentées dans la banlieue athénienne, entendent bien faire de la question de la censure un sujet central des débats.
L'Union 31/10/2006
Règlement de comptes au jury du prix Femina
Du rififi chez les dames du Femina : la romancière Madeleine Chapsal a été exclue hier du jury du prix littéraire, pour avoir dénoncé dans son « Journal » les conditions d'attribution du prix 2005, son exclusion entraînant la démission immédiate « par solidarité » de sa consœur Régine Deforges.
Le jury était réuni à la mi-journée à l'Hôtel Crillon pour décerner son prix. Mais dès le vote acquis - en faveur de Nancy Huston - Madeleine Chapsal a été sommée de démissionner, faute de quoi elle serait exclue du jury.
Motif invoqué : dans son « Journal d'hier et d'aujourd'hui » (Fayard), paru début octobre, la romancière raconte comment six membres du jury « avaient décidé mordicus et avant même d'entrer en scène de voter pour Gallimard », lors de l'attribution du prix 2005.
Des propos jugés « diffamatoires » par une majorité des dames du Femina. Madeleine Chapsal ayant refusé de démissionner, elle a été exclue avant le traditionnel déjeuner d'après vote, a-t-elle expliqué.
« Par solidarité », Régine Deforges a aussitôt annoncé sa démission. « Régine a dit : on s'en va, on va déjeuner ailleurs », raconte-t-elle.
L'exclusion a finalement été votée par 8 voix sur 12 membres du jury, Claire Gallois et Mona Ozouf n'ayant pas pris part au vote. Ambiance crêpage de chignon dans les couloirs du Crillon. « C'est toujours une décision difficile, mais c'était automatique. On ne peut pas continuer à voter avec des personnes qui diffament », a fait valoir Benoîte Groult, à l'issue de la réunion.
Et pour Christine Jordis, autre juré Femina, « les jurys sont attaqués de l'extérieur, ils n'ont pas besoin de gens qui les attaquent de l'intérieur. Nous votons pour un livre, pas pour un éditeur ».
« Ca m'est un peu tombé dessus. On n'a jamais exclu aucun juré d'aucun prix littéraire, rappelle pour sa part Madeleine Chapsal. C'est une censure. J'aimais beaucoup ce jury où j'étais depuis 25 ans ».
Il y a, selon elle, « pas mal d'humour » dans ce qu'elle rapporte dans son journal. « Elles se sont bloquées, il y a peut-être des mots qui ont déplu », dit-elle, en minimisant la portée de l'incident : « Ce n'est pas grave. Nous entrons dans une époque où il faut plus de transparence, plus de liberté de parole ».
Plus remontée, Régine Deforges, chevelure rousse en bataille, défendait sa collègue. Pour elle, « l'exclusion de Madeleine Chapsal est injustifiée. Ces dames ont jugé diffamatoires des propos concernant les votes du Femina. J'ai lu le livre et il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Si elles se sentent aussi visées, on peut se poser des questions ».
L'Union 31/10/2006
Le Femina à Nancy Huston le Médicis à Sorj Chalandon
Le prix Médicis 2006 du roman a été attribué hier à Sorj Chalandon, pour « Une promesse », et le Femina à la franco-canadienne Nancy Huston pour « Lignes de faille ». Le Femina étranger est allé à l'Irlandaise Nuala O'Faolain pour « L'histoire de Chicago May » (Sabine Wespieser) et le Médicis étranger à l'écrivain roumain Norman Manea, pour « Le retour du hooligan : une vie » (Seuil).
Dans « Lignes de faille » (Actes Sud), Nancy Huston remonte un demi-siècle d'histoire, par un audacieux travail de construction, à travers le regard de quatre enfants de six ans de quatre générations successives d'une même famille. « On n'écrit pas pour avoir des prix, ça vient en plus, c'est un cadeau un espoir de plus de lecteurs », a déclaré l'écrivain d'origine canadienne, établie à Paris depuis plus de vingt ans, après l'annonce du lauréat.
Sorj Chalandon, 54 ans, grand reporter à Libération, a obtenu le Médicis au 1er tour, par 5 voix sur 9. Il raconte dans « Une promesse » (Grasset) l'histoire de sept enfants tenus par un serment, dans un bourg de la Mayenne. « Ce prix ne m'apportera rien d'autre que la certitude que d'autres gens vont pousser la porte, aller dans cette maison de bourg et écouter le petit bruit de la vie », a-t-il souligné après l'attribution du prix.
Dans « L'histoire de Chicago May », Nuala 0'Faolain fait revivre une Irlandaise révoltée par la condition des femmes de son temps, devenue au début du XXe siècle une figure du banditisme américain.
Avec Norman Manea, le prix Médicis étranger 2006, récompense un grand écrivain roumain contraint à l'exil par le pouvoir communiste. A 70 ans, Manea livre dans « Le retour du hooligan » le récit d'une vie de persécution, de sa déportation durant la Seconde guerre mondiale, à son récent retour en Roumanie, libérée de la dictature, mais pas du racisme.
L'Union 31/10/2006
Chômage : septembre renoue avec la baisse
Le mois dernier a vu le nombre de demandeurs d'emploi diminuer de 1,4 %, le taux de chômage passant en dessous des 9 %. Oubliée, la hausse observée entre juillet et août.
Le chômage a repris le mois dernier son mouvement de baisse engagé depuis plus d'un an et demi, le taux revenant à 8,8 % et le nombre de demandeurs d'emploi diminuant de 1,4 % en un mois, ce dont Jacques Chirac n'a pas manqué de se féliciter, hier.
Fin septembre, la France comptait 2.129.300 millions de demandeurs d'emploi en catégorie 1 (laquelle inclut les personnes immédiatement disponibles, à la recherche d'un CDI à temps plein et ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois), soit 30.400 de moins qu'en août, selon les chiffres de l'Insee diffusés par le ministère de l'Emploi, qui servent de baromètre officiel.
Cela représente une baisse de 10,7 % en un an, et même de 14,2 % en Ile-de-France. Il faut remonter au second semestre 2001, sous le gouvernement Jospin, pour retrouver un tel niveau.
La diminution a davantage profité aux chômeurs de longue durée (Ð 3 % en un mois), qui forment toujours près d'un tiers des demandeurs, mais a peu touché les jeunes de moins de 25 ans (Ð 0,4 %).
Optimisme présidentiel
Au gouvernement, c'est le soulagement : en août, la baisse quasi continue du chômage depuis février-mars 2005 avait marqué une pause. Le taux de chômage, calculé selon la norme du Bureau international du travail (BIT), la seule qui permette des comparaisons internationales, était même remonté, de 8,9 % en juillet à 9 % en août.
Dans une interview au Figaro devant paraître ce mardi, Jacques Chirac s'est félicité de « la bonne direction » reprise par les statistiques. « C'est 350.000 chômeurs de moins en un an et demi », a poursuivi le président, en arrondissant légèrement le nombre de 344.700 demandeurs d'emploi de moins recensés de février 2005 à septembre 2006 par le ministère de l'Emploi. « Nous mettons tout en œuvre pour que la France passe sous la barre des 8 % en 2007. C'est volontariste et c'est possible », a ajouté le chef de l'État, allant au-delà des prévisions les plus optimistes.
« On est un peu en avance »
Dans une interview à paraître dans La Tribune, Gérard Larcher s'est, lui aussi, livré au jeu des prévisions. « 8,6 % en fin d'année, 8,4 % au moment des élections et 8 % fin 2007 », dixit le ministre délégué à l'Emploi. Jean-Louis Borloo a attribué la baisse aux différentes mesures gouvernementales. « J'avais prévu qu'on serait sous les 9 % à la fin de l'année (2006) et à 8,6 % courant 2007, on est un peu en avance », a dit le ministre de l'Emploi. Et d'assurer, s'appuyant sur l'Insee, que la France était « entrée dans un cercle vertueux », qui plus est « sans effet démographique », c'est-à-dire sans coup de pouce de l'évolution du nombre d'actifs.
Une évolution difficile à croire pour Éric Heyer, économiste à l'Office français des conjonctures économiques (OFCE). « La population active continue d'augmenter à un rythme moindre, il n'y a pas de honte à le dire, sinon comment expliquer cette baisse du taux de chômage ? », s'est-il interrogé. Selon lui, la baisse de septembre provient du retour de la croissance et du retour en grâce de l'emploi aidé : « Si on continuait à détruire autant d'emplois aidés qu'en 2002, 2003, la baisse du chômage serait moins forte ».
L'Union 31/10/2006
La Maif baisse ses tarifs d'assurance automobile de 6 % pour 2007.
Le groupe mutualiste (pour qui l'automobile est une manne financière) entend ainsi accélérer le recrutement de nouveaux sociétaires. En revanche, les assurances habitation et celles contre les dommages corporels augmenteront de 2,5 % à 5 %.
LA TRIBUNE du 30/10/2006 (en page 16)
La Bolivie signe un accord avec Total
Le gouvernement bolivien a conclu vendredi soir à La Paz avec le français Total et l'américain Vintage les premiers accords avec des compagnies étrangères à la suite des négociations dans le cadre de la nationalisation des hydrocarbures décrétée en mai par le président Evo Morales.
Le décret stipule que les groupes pétroliers doivent remettre leur production à la compagnie nationale Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos (YPFB), seule chargée d'assurer la commercialisation des hydrocarbures et d'en définir les volumes et les prix sur les marchés intérieurs et internationaux.
Le chef d'Etat a averti les autres compagnies qu'il allait « faire respecter » la nouvelle législation qui fixe à 82 % la participation de YPFB dans les nouveaux contrats.
« Bien que nous soyons un petit pays, un pays sous-developpé, ici les entreprises doivent respecter nos normes, nos lois et nous allons les leur faire respecter », a déclaré M. Morales, premier président bolivien d'origine amérindienne, qui mise sur la récupération des ressources naturelles pour développer la nation la plus pauvre d'Amérique latine.
Importantes réserves de gaz
La vingtaine de compagnies pétrolières étrangères, parmi lesquelles figurent aussi Petrobras (Brésil) ou Repsol-YPF (Espagne-Argentine), avaient en théorie jusqu'à hier pour régulariser leur situation, sous peine de ne plus pouvoir opérer.
Toutefois le président bolivien a précisé qu'il restait encore « quelques heures » voire « quelques jours », laissant entendre que le délai de 180 jours imparti par le gouvernement s'acheverait mardi.
La Bolivie dispose, selon les chiffres officiels, de réserves de gaz de 1.550 milliards de mètres cubes, soit les plus importantes d'Amérique latine derrière le Venezuela.
Le français Total poursuivra ses opérations dans le champ de Itau dans le cadre d'un contrat de 740 millions de dollars et s'est engagé à effectuer des travaux d'exploration dans deux champs d'hydrocarbures prévoyant un investissement de 1,154 milliards de dollars.
Le retour des ressources en pétrole et en gaz dans les mains de l'Etat met fin à une décennie de privatisation des hydrocarbures sous le gouvernement libéral du président Gonzalo Sanchez de Lozada (1993-1997).
L'Union 29/10/2006
Une campagne nationale pour prévenir les accidents domestiques des enfants
Chaque jour, 2.000 enfants de 0 à 6 ans sont victimes d'accidents de la vie courante, dont 80 % se produisent lors d'activités de jeux et de loisirs à l'intérieur ou à l'extérieur de la maison.
Pour sensibiliser les parents aux principaux risques, une campagne nationale de prévention des accidents domestiques sera lancée à partir du 30 octobre par le ministère de la Santé, l'Assurance maladie et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), avec un budget d'1,6 million d'euros.
« Réduire le nombre et la fréquence des accidents de la vie courante, en particulier chez les enfants, est aujourd'hui une urgence, une priorité », a affirmé le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. « 20.000 décès par an en France sont dus aux accidents de la vie courante. » On estime à près de 740.000 par an le nombre d'accidents de la vie courante pour les enfants de 0 à 6 ans. Pour les petits entre 0 et 4 ans, l'intérieur domestique représente le principal lieu d'accident (plus de 80 %).
Le ministre teste
En 2002, 308 enfants âgés de 0 à 15 ans sont morts des suites d'un accident de la vie courante. Parmi ces décès, 64 % concernaient des enfants de moins de 4 ans. Or, ces chiffres sont stables depuis 1999 alors qu'ils enregistraient une baisse régulière depuis le début des années 1980, selon l'Inpes.
« Nous ne pouvons plus considérer ces chiffres comme une fatalité », a déclaré le ministre, ajoutant que l'on peut éviter les accidents domestiques « en adoptant de bons réflexes et ensuite en gardant de bonnes habitudes ». « Nous nous sommes fixé comme objectif de réduire de moitié le nombre d'accidents pour les enfants d'ici fin 2008.»
« La maison, même si elle est chaleureuse, peut aussi être dangereuse », a souligné Xavier Bertrand en testant lui-même les dangers de la cuisine d'une « maison géante », réalisée à l'échelle de perception des enfants de moins de 2 ans.
La tête principalement exposée
Les chutes sont les plus fréquentes, quel que soit l'âge : elles représentent 73 % des causes d'accident chez les moins de 1 an et 55 % chez les enfants de 0 à 16 ans. Les autres catégories majeures de risques d'accidents domestiques sont les brûlures, les noyades, les étouffements, les intoxications et les électrocutions.
La partie du corps la plus touchée chez les enfants est la tête. Les lésions à cet endroit représentent 75 % des troubles liés aux accidents de la vie courante chez les moins de 1 an.
L'Union 29/10/2006
Débouchés/La piste Center Parc Le Center Parc de l'Aisne emploiera près de sept cents personnes. Le recrutement commence.
Il devrait entrer en service en juillet prochain : le Center Parc de l'Aisne attenant au lac de l'Ailette à une quinzaine de kilomètres de Laon est appelé à créer de très nombreux emplois.
Pour suivre le dossier et même le coordonner dans la plate-forme de recrutement spécialisée sur le projet, un outil créé en 2005, Pascal Laskowski insiste sur la diversité des métiers qui y seront pratiqués.
1600 personnes reçues
Le Center Parc, troisième structure de ce type en France après celle de Sologne et de Normandie, a nécessité de la part des collectivités, des services en charge de l'emploi et de plusieurs organismes affairant, une véritable mobilisation.
Elle sÔest traduite par un étroit partenariat de façon, dans un premier temps, à faire face aux besoins directement liés à la construction de l'infrastructure.
La plate-forme emploi bâtiment a été installée dans les locaux de l'AFPA avec un détachement spécifique de cinq agents destinés à recevoir les personnes intéressées.
Un public qui n'était pas nécessairement qualifié et que cette structure a pu justement former.
A ce jour 1600 personnes ont été reçues et 217 ont bénéficié de stage en maçonnerie générale, coffrage, en tant que plaquiste ou peintre. Tout cela avec des débouchés sur le chantier du complexe de loisir de l'Ailette avec à la clef 312 propositions d'emploi.
Mais cette plate-forme a aussi permis de former des demandeurs d'emploi (en tout plus de cinq cents) qui devraient de toute façon trouver des ouvertures dans un secteur, celui du bâtiment, où de réelles perspectives d'embauche existent. Sans compter que le département, de part notamment deux autres très gros chantiers à venir que seront le CENZUB (projet militaire à Sissonne) de même que l'extension de l'hôpital de Laon est appelé à éprouver d'importants besoins en terme de personnel dans ces branches d'activité.
Concernant le Center Parc, on entre aujourd'hui dans la seconde phase du recrutement, celle qui va concerner le fonctionnement même du complexe de loisirs. M. Laskowski nous explique que la plate-forme initialement créée en vue de la construction va être maintenue mais cette fois avec d'autres cibles.
Des métiers divers
Il s'agira en effet de former aux métiers proprement dits du Center Parc : accueil, vente, restauration animation, sport et loisirs, nettoyage, entretien, maintenance, sécurité de même que des métiers touchant aux ressources humaines, la finance opérationnelle et à l'administration.
En somme une vraie manne pour le bassin d'emploi et peut-être même au-delà. En tout, 690 emplois en perspectives.
Une première formation concernant les agents de loisir va commencer en fin d'année. Elle sera suivie de plusieurs autres liées aux spécialités évoquées plus haut.
Compte tenu de ce que l'employeur demande surtout et avant toute chose des qualités de contact et des dispositions personnelles au service en général, on peut penser, pour reprendre les propres termes de M. Laskowski que même « des jeunes n'ayant pas encore été formés ont toute leur chance dans ce recrutement ».
René Canal
Plate forme emploi 1 rue des Minimes 02007 Laon. Tel 03.23.23.96.96. E. mail : contact@p-e-b.org
L'Union 29/10/2006
Compromis
Lancé en 1999, le Rapido représente aujourd'hui près du quart du chiffre d'affaires de La Française des Jeux, lequel s'élevait en 2005 à près de 9 millions d'euros. L'entreprise publique parle d'un « compromis » entre le jeu différé et le jeu de grattage. Et affirme que ce produit ferait l'objet d'une étroite surveillance : « Depuis un an, la mise maximale est de 1.000 € par tirage au lieu de 4.000 € auparavant ».
Si la suppression de ce jeu n'est pas à l'ordre du jour, La Française des Jeux travaille depuis dix-huit mois, notamment avec « SOS joueurs », à la mise en place des messages de prévention pour sensibiliser et responsabiliser les joueurs. Sans pouvoir être « juge et partie », La Française des Jeux serait prête à soutenir financièrement une action au profit de joueurs dépendants.
F.L.
L'Union 29/10/2006
Quatre questions sur l'heure d'hiver
Heure d'hiver-heure d'été : depuis quand ?
C'est au beau milieu de la Grande Guerre, en 1916, que l'heure d'été et donc l'heure d'hiver ont été instaurées à des fins économiques jusqu'à la fin de la guerre. Jusqu'en 1945, cette mesure fut abandonnée puis réinstaurée plusieurs fois.
Après la Seconde Guerre Mondiale, le principe tombe aux oubliettes. A l'époque, le gouvernement souhaite rompre avec « l'heure de Berlin » imposée pendant l'occupation allemande. Le décret du 14 août 1945 fixe l'heure légale à l'heure locale au méridien de Greenwich (GMT) + 1 heure. Il faut attendre 1973 et le premier choc pétrolier pour reparler de l'heure d'été. Le décret du 19 septembre 1975 l'impose.
Un décalage permanent par rapport au fuseau horaire
La France conserve une situation particulière. En choisissant en 1945, d'avancer l'heure légale d'une heure par rapport à son fuseau de référence, le méridien de Greenwich, l'heure d'hiver ne correspond pas à l'heure du fuseau horaire géographique. Ainsi, depuis plus de 60 ans, l'heure légale française est fixée à GMT + 1 heure. En adoptant un horaire d'été en 1975, la France a alors accentué ce décalage. Résultat : en hiver, l'heure a une heure de retard par rapport au soleil. En été, elle en a deux. D'où l'expression heure d'été « double ». Un seul pays est dans le même cas que la France, il s'agit de l'Espagne.
Dans quel pays ?
Le Royaume-Uni et l'Irlande ont adopté l'heure d'été depuis la Première Guerre Mondiale. L'Italie en 1966. Le régime du changement d'heure a été introduit dans l'ensemble des pays de l'Union Européenne au début des années 1980. Depuis 1998, une directive du Parlement européen et du Conseil harmonise les dates du changement d'heure. Dans le monde, plus de 70 pays ont choisi une heure légale variant au cours de l'année. Des pays comme la Chine, le Maroc, l'Islande ou le Queensland en Australie ont tenté l'expérience mais l'ont vite abandonné.
Comment remettre les pendules à l'heure ?
Pour ou contre, les voix s'élèvent face au changement d'heure. La Commission européenne a pour sa part déjà défini un calendrier fixant les dates du passage à l'heure d'été et celles du passage à l'heure d'hiver jusqu'en 2011. Pour 2007, l'heure d'été débutera le 25 mars ; l'heure d'hiver, le 28 octobre. Mais 2007 pourrait être une année charnière en matière d'heure pour la France puisque l'harmonisation européenne sera soumise à une évaluation. Ce rendez-vous permettra de mieux mesurer les implications du changement d'heure et de proposer peut-être une adaptation au système.
Catherine Tellier
L'Union 28/10/2006
Enrichissement d'uranium : l'Iran défie l'Occident
L'Iran a commencé à alimenter en gaz une deuxième installation d'enrichissement d'uranium, dans un geste de défi aux grandes puissances qui étudient un projet de résolution imposant des sanctions pour le contraindre à suspendre cette activité.
« La deuxième cascade (de centrifugeuses pour l'enrichissement, ndlr) a été installée il y a deux semaines et le gaz y a été injecté cette semaine », a dit hier une source officielle.
L'Iran avait confirmé mercredi avoir récemment installé une deuxième cascade de centrifugeuses pour l'enrichissement d'uranium.
Cette annonce, qui n'a pu être confirmée dans l'immédiat, intervient alors que les grandes puissances sont engagées dans des tractations sur le projet de résolution rédigé par les Occidentaux.
Soumis au Conseil de sécurité, il prévoit une série de sanctions ciblant les programmes nucléaire et balistique iranien, mais excluant spécifiquement la construction par la Russie de la première centrale nucléaire iranienne à Bouchehr (sud).
« Vous perdrez plus que nous »
Le texte prévoit un embargo sur tout matériel ou équipement pouvant contribuer aux programmes nucléaires et de missiles balistiques de l'Iran, ainsi que sur toute fourniture d'assistance ou de formation technique ou financière liés à ces programmes.
Il prévoit également des sanctions ciblées - interdiction de voyager à l'étranger et gel des avoirs financiers à l'étranger - à l'encontre de toute personne impliquée dans ces programmes. Mais l'Iran a clairement indiqué à de multiples reprises qu'il ne se plierait à aucune résolution de l'Onu visant à le contraindre à suspendre son enrichissement d'uranium.
Hier encore, un important religieux iranien a mis au défi les grandes puissances d'adopter des sanctions.
« Si vous voulez adopter des sanctions, allez-y, vous nous avez imposé des sanctions depuis 27 ans et qu'est-ce que vous avez gagné ? », a dit l'hojatoleslam Ahmad Khatami, lors de la prière du vendredi à Téhéran.
« Vous perdrez plus que nous si vous imposez des sanctions », a-t-il poursuivi en engageant les grandes puissances à « abandonner ce genre de jeux ».
L'Union 28/10/2006
Airbus : première chaîne d'assemblage hors d'Europe
Airbus va franchir un pas important dans la mondialisation de sa production avec la mise en service en Chine en 2009 de sa première chaîne d'assemblage hors d'Europe, dans le port de Tianjin, non loin de Pékin, tout en s'efforçant d'éviter un transfert complet de technologies.
A l'heure où la Chine veut développer son propre programme d'aviation civile, et notamment un avion de 100 places, l'ARJ-21, le groupe européen entend préserver le cœur de son savoir-faire. Il a ainsi précisé hier que « les tronçons des appareils seraient toujours produits en Europe ».
Airbus conservera une majorité de 51 % dans la co-entreprise créée avec les Chinois pour gérer le site de Tianjin, afin d'éviter autant que possible des transferts incontrôlés de technologies.
Actuellement, tous les tronçons d'avions Airbus convergent des usines allemandes, françaises, anglaises ou espagnoles du groupe, vers les deux sites d'assemblage final, Toulouse (France) ou Hambourg (Allemagne) suivant les modèles.
Pas de « marchandage »
Le président du constructeur aéronautique européen, Louis Gallois a signé à la fois hier l'accord-cadre pour l'implantation de l'usine de Tianjin et un accord avec les autorités chinoises pour la commande de 150 appareils de la famille A320, à laquelle s'ajoute une lettre d'intention d'achat pour 20 exemplaires de l'A350XWB.
Louis Gallois démentait hier tout « marchandage ». Il reconnaissait toutefois « qu'il est important de développer une relation industrielle avec un grand pays comme la Chine car nous savons que dans l'avenir les avions seront fabriqués dans le monde entier ».
Un porte-parole du groupe à Toulouse a relativisé l'importance de la nouvelle chaîne chinoise dans le système Airbus, dont quatre appareils par mois sortiront vers 2011, alors que les deux chaînes d'assemblage de la famille A320 à Toulouse et Hambourg vont produire au total 34 appareils/mois à partir de 2007.
« La Chine produira les avions que nos chaînes européennes saturées ne peuvent plus traiter », a expliqué le porte-parole.
La famille des moyens- courriers (A318, 319, 320 et 321) constitue actuellement le gagne-pain du groupe qui traverse une grave crise industrielle et financière à la suite des difficultés d'industrialisation de son avion géant A380. Même si la production de l'usine chinoise reste faible, elle confirme le tournant pris par les deux grands géants de l'aéronautique mondiale, Airbus et Boeing, vers la coopération industrielle et la création de sociétés communes dans des pays clients, y compris émergents.
L'implantation d'une chaîne à Tianjin va également dans le sens de la volonté du groupe européen de produire davantage en zone dollar ou dans des zones à bas coût de main-d'œuvre pour contrer la faiblesse persistante du dollar.
L'Union 27/10/2006
L'Académie française couronne Jonathan Littell
Le Grand prix du roman de l'Académie française, lequel ouvre la saison des prix littéraires, a été attribué à Jonathan Littell pour « Les Bienveillantes » (Gallimard), l'événement éditorial de la rentrée avec plus de 200.000 exemplaires vendus.
Ce livre de plus de 900 pages la confession d'un ancien officierécrit en français par cet auteur américain de 39 ans inconnu du public jusqu'à il y a à peine deux mois, a été choisi à la majorité absolue des académiciens, par 12 voix sur 20, dès le premier tour.
Les deux autres titres en lice, « Marilyn, dernières séances » (Grasset), de Michel Schneider, et « Ce qui est perdu » (Gallimard), de Vincent Delecroix, ont obtenu chacun 4 voix.
Jonathan Littell, né en octobre 1967 à New York, est le fils du journaliste et écrivain US Robert Littell, spécialiste du roman d'espionnage.
Étranger au monde des lettres parisien, l'homme avait manifesté jusque-là une grande distance vis-à-vis des prix littéraires.
L'Union 27/10/2006
Elections : les dates sont fixées
L'élection présidentielle aura lieu les dimanches 22 avril et 6 mai 2007 et le premier tour des élections législatives sera organisé cinq semaines après, le dimanche 10 juin, a annoncé hier le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le second tour des législatives aura lieu le dimanche 17 juin. Comme en 2002, le gouvernement a cherché à faire en sorte que la campagne législative puisse être suffisamment longue, sans pour autant que le scrutin soit trop proche des vacances scolaires d'été, qui commenceront le 4 juillet pour toutes les zones. M. Sarkozy a expliqué que le gouvernement voulait aussi « éviter toute interférence entre l'organisation des scrutins présidentiel et législatif ».
Le deuxième tour de la présidentielle et les deux tours des législatives se tiendront hors période scolaire. Mais le premier tour de la présidentielle, le 22 avril, coïncidera avec la fin des vacances scolaires de printemps pour la zone C et le milieu de ces vacances pour la zone B.
Session en juillet
Le mandat de Jacques Chirac, réélu le 5 mai 2002, prendra fin le 16 mai à minuit. Et selon l'article 7 de la Constitution, l'élection du président de la République « doit avoir lieu vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice ».
Pour les législatives, la marge de manœuvre est un peu plus grande. Le mandat des députés élus les 9 et 16 juin 2002 viendra à expiration le 19 juin 2007 et selon l'article LO. 122 du code électoral, les élections générales doivent avoir lieu dans les soixante jours qui précèdent l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale.
Dans la pratique, rappelle un spécialiste, les pouvoirs publics font en sorte qu'il n y ait pas trop de chevauchement entre le mandat des députés venant à expiration et celui des nouveaux députés.
Compte tenu des dates arrêtées, de la mise en place de la nouvelle assemblée élue, et de la volonté vraisemblable du nouveau gouvernement de marquer son entrée en fonction par des textes, il est probable que l'Assemblée siégera en session extraordinaire en juillet.
L'Union 25/10/2006
Rapprocher l'université du monde de l'emploi
Le Premier ministre a proposé hier des mesures pour rapprocher l'université du monde du travail et favoriser ainsi l'insertion des jeunes, reprenant les conclusions de la Commission Université-Emploi formée aux lendemains de la crise du CPE.
S'adressant, à la Sorbonne, à un parterre de représentants du monde de l'éducation, Dominique de Villepin s'est engagé à mettre en œuvre « très rapidement » plusieurs mesures du rapport que lui a présenté la Commission du débat national Université-Emploi. La Commission, présidée par Patrick Hetzel, recteur de l'académie de Limoges, avait été mise en place le 25 avril, après la crise du CPE.
Entretien obligatoire
Saluant « les propositions concrètes et innovantes » de la Commission, Dominique de Villepin a déclaré qu'il fallait « aujourd'hui avancer sur deux chantiers majeurs » : « l'orientation des élèves » et « l'insertion professionelle des étudiants ».
Pour le premier de ces chantiers, le Premier ministre a annoncé qu'un entretien d'orientation sera rendu obligatoire en 3e ainsi qu'en 1re ou à la fin du premier trimestre de terminale. Ensuite, a précisé M. de Villepin, reprenant les préconisations de la Commission, chaque élève de terminale exprimera ses vœux d'orientation dans « un dossier unique d'accès à l'enseignement supérieur ».
Il sera ensuite proposé à chaque étudiant « un contrat avec l'université » qu'il a choisie, a ajouté le Premier ministre qui a précisé qu' « à l'issue du premier semestre (ndr : de la première année universitaire) un bilan sera établi ».
Chaque université devra « mettre en place un service des emplois, des stages et des carrières ». Enfin, toujours pour améliorer l'orientation, « un observatoire des parcours des étudiants et de leur insertion professionnelle » sera créé dans chaque université, sur le modèle du dispositif mis en place à l'université de Marne-la-Vallée, a précisé le Premier ministre.
L'Union 25/10/2006
Transilien : le canadien Bombardier en passe de gagner le contrat
Le canadien Bombardier est en passe de remporter l'énorme contrat de remplacement des trains de banlieue de la région parisienne, une victoire symbolique dans la première région française au détriment d'Alstom, qui pourrait néanmoins récupérer une partie de la commande.
L'attribution officielle de la première tranche du contrat - soit 1,850 milliard d'euros - est prévue pour aujourd'hui, à l'issue du conseil d'administration de la SNCF, avec à la clé le dévoilement de la maquette du futur Transilien pour les habitants d'Ile-de-France. Mais, brûlant la politesse à la SNCF et au Syndicat des transports d'Ile-de-France, le ministre des Transports a laissé entendre dès hier que Bombardier allait remporter le contrat, tout en « souhaitant » que le groupe canadien « sous-traite une partie de la production ». « Je souhaite qu'il puisse y avoir une coopération industrielle entre Bombardier et Alstom puisque la commande est très importante et Bombardier sera amené à sous-traiter une partie de la production », a dit M. Perben. Reste à savoir quelle part du contrat Bombardier, qui est également en concurrence avec Siemens, deciderait de confier au groupe français.
Le réseau Transilien compte actuellement 850 rames. La première tranche ferme du contrat, qui sera attribuée aujourd'hui, portera sur la livraison de 172 rames automotrices qui remplaceront les vieilles rames en inox. Les livraisons s'étaleront de 2009 à 2015 et des options sur 200 rames supplémentaires sont prévues, portant le total du contrat à environ 4 milliards. Dès la fin de la semaine dernière, les syndicats du groupe Alstom avaient affirmé que Bombardier était en bonne voie d'être choisi, s'inquiétant des « difficultés » en perspective pour leur entreprise.
L'Union 25/10/2006
La réforme de la justice en Conseil des ministres
Près d'un an après le désastre judiciaire d'Outreau, le Conseil des ministres examine aujourd'hui un projet de réforme de la justice censé en tirer les enseignements. Mais ses ambitions ont été revues à la baisse.
Promise par Jacques Chirac avant la fin de son mandat, la réforme de la justice se voulait à la mesure de l'émotion suscitée par le sort des 13 personnes acquittées au procès pour pédophilie d'Outreau.
Le manque de respect des droits de la défense, la longueur des détentions provisoires, l'inexpérience du juge d'instruction Fabrice Burgaud, l'indigence des moyens financiers, l'absence de sanctions des magistrats, le difficile recueil de la parole de l'enfant. autant de débats suivis avec passion lors des retransmissions télévisées de la commission d'enquête parlementaire.
Au printemps, celle-ci avait d'ailleurs adopté à l'unanimité, toutes tendances politiques confondues, un rapport préconisant une refonte du système judiciaire.
Cinq mois plus tard, cette belle unanimité a depuis longtemps volé en éclat et la réforme a même offert deux occasions de cacophonie gouvernementale.
Pour beaucoup, comme l'ancien président de la commission d'Outreau, le socialiste André Vallini, mieux eût valu attendre la présidentielle et les législatives de 2007 pour qu'une majorité « légitimée » s'attaque à ce projet d'envergure nécessitant une longue concertation avec le monde judiciaire.
Mais pour le Garde des Sceaux Pascal Clément, mieux valait une réforme moindre en raison d'un calendrier parlementaire surchargé, que pas de réforme du tout.
Gardes à vue enregistrées
Sa mesure phare est l'enregistrement audiovisuel des gardes à vue, qui doit permettre de lever tout soupçon de violences policières lors des interrogatoires, voire de trancher toute contestation d'aveux. Cet enregistrement ne concerne que les affaires criminelles, une minorité de cas face à la masse des délits. Les dossiers de terrorisme ou grand banditisme en sont exclus.
Les policiers y voient une mesure de « défiance » à leur égard et leur ministre, Nicolas Sarkozy a imposé un enregistrement identique des interrogatoires chez le juge d'instruction, pourtant réalisés en présence d'un avocat et d'un greffier.
La création de pôles de l'instruction, qui veut remédier à la solitude des magistrats, avec une cosaisine dans les affaires les plus lourdes, ou encore un meilleur contrôle des détentions provisoires figurent aussi dans le texte.
Les citoyens qui s'estiment victimes de dysfonctionnements judiciaires pourront saisir le Médiateur de la République, même si la décision finale restera au Garde des Sceaux.
Faute du juge : l'interrogation
En revanche, la réforme de la composition du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l'organe de discipline et de nomination des juges, est passée à la trappe, faute de consensus. Pour éviter toute accusation de corporatisme, les magistrats ne devaient plus y être majoritaires.
Reste le volet sur la responsabilité des juges, réduit à peu de choses pour l'instant après le retrait de la mesure phare : la création d'une faute en cas de « violation délibérée » de la procédure pénale. Retoqué par le Conseil d'Etat, ce point doit revenir modifié sous forme d'amendement, a promis le Premier ministre alors que Pascal Clément venait d'annoncer sa disparition.
L'Union 24/10/2006
Clearstream : vers une audition de Dominique de Villepin
Eclaboussé au printemps par le scandale Clearstream, Dominique de Villepin, qui pourrait se retrouver au cœur de l'enquête, s'est une nouvelle fois défendu hier d'avoir commis la moindre faute dans cette affaire.
« Le Premier ministre, en sa qualité de ministre de l'Intérieur » entre mars 2004 et mai 2005, « n'a jamais détruit aucune note de la DST (Direction de la surveillance du territoire), ni soustrait aucune information », a-t-on affirmé à Matignon.
« Tous les éléments portés à sa connaissance figurent dans les notes de la DST qui ont été transmises à la justice », a-t-on ajouté.
Lors de son audition la semaine dernière comme témoin, le patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, aurait confié aux juges chargés de l'enquête qu'une note désignant dès septembre 2004 Jean-Louis Gergorin comme le manipulateur avait été détruite, mais qu'il ne se souvenait plus si c'était par lui-même ou par M. de Villepin. Cette note « n'avait plus d'utilité » et « pas de raison d'être conservée », a toutefois assuré l'ex-patron de la DST .
Témoin assisté ou mis en examen ?
Dans son édition d'aujour- d'hui, Le Monde affirme cependant que cette note, si elle avait été remise aux juges, aurait fourni plus tôt la preuve d'une manipulation, via des listings falsifiés de la société Clear- stream attribuant à de nombreuses personnalités -dont Nicolas Sarkozy- des comptes bancaires occultes.
Après la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, dont le Conseil des ministres a autorisé la prochaine audition comme témoin, celle de M. de Villepin paraît inéluctable.
Les magistrats semblent s'intéresser de plus en plus au rôle exact qu'aurait joué l'actuel locataire de Matignon.
Reste à savoir s'ils souhaiteront l'interroger comme témoin ou, comme Le Monde en avance l'hypothèse, « en qualité de témoin assisté voire de mis en examen » s'ils estiment qu'en janvier 2004, M. de Villepin -alors ministre des Affaires étrangères- a outrepassé ses fonctions en lançant des investigations sur Clearstream.
L'Union 24/10/2006
Sri Lanka : les tour-opérateurs suspendent les départs
Comme le Quai d'Orsay conseille de ne pas se rendre au Sri Lanka, frappé par une vague d'attentats, les tours-opérateurs français ont décidé de suspendre leurs voyages dans cette île de l'Asie du Sud.
Les principaux tour-opérateurs français ont suspendu tous les départs vers le Sri Lanka jusqu'au 5 novembre, en raison de la vague d'attentats qui frappe le nord et l'est de cette île de l'Asie du Sud, a-t-on appris hier auprès de l'Association de tour- opérateurs (Ceto).
Les clients peuvent reporter leur voyage « sans frais » pour une « période maximum de douze mois », selon un message envoyé le 19 octobre par le Ceto à ses membres.
Cette décision fait suite à un avertissement lancé mercredi par le Quai d'Orsay, qui conseille, sur son site internet, de « reconsidérer pour l'instant tout projet de déplacement non essentiel au Sri Lanka », en « raison de la recrudescence des violences et des attentats suicides ».
Environ 200 touristes français sur place
« C'est une pure mesure de précaution, il n'y a pas de véritable danger pour les touristes », a assuré René-Marc Chikli, président du Ceto, estimant à « environ 200 » le nombre de touristes français actuellement sur place.
En cas d'absence d'accord sur un report du voyage, « il appartient à chaque tour-opérateur de décider, le cas échéant, d'un éventuel remboursement ou d'un crédit de voyage », a expliqué M. Chikli.
Entre 25.000 et 30.000 touristes français se rendent chaque année au Sri Lanka, selon l'Office du tourisme du Sri Lanka à Paris. « C'est une destination qui est régulièrement fermée et rouverte au tourisme, au gré des tumultes locaux », explique Alain Capestan, directeur général de Voyageurs du Monde.
Le voyagiste, qui y envoie entre 800 et 1.000 touristes par an, fait état d'une bonne tenue de la destination, avec une hausse de 40 % des départs depuis le début de l'année.
« La destination Sri Lanka a un potentiel formidable, mais a connu une forte baisse depuis la reprise d'une guerre larvée en juin dernier », commente pour sa part Thierry Girard, directeur des transports du voyagiste Asia avant d'ajouter que « les attentats n'ont jamais visé des sites touristiques ».
Asia compte actuellement une quarantaine de touristes sur place, sur un total de 1.000 à 1.500 par an. « Aucune mesure de rapatriement n'est prévue et le programme (hors zones déconseillées) est maintenu », a expliqué M. Girard, faisant toutefois état d'un « ralentissement de la demande depuis une semaine ».
Plus de 250 morts en une semaine
Le Sri Lanka connaît depuis une semaine un très net regain de violence, avec plus de 250 morts, pour l'essentiel des militaires. Deux personnes ont été tuées et 23 autres blessées mercredi dernier au cours d'une attaque-suicide contre le port de Galle, au sud de l'île, imputée par les autorités aux rebelles tamouls.
Deux jours plus tôt, une attaque au camion piégé contre un convoi militaire dans le district de Trincomalee (nord-est) avait fait plus d'une centaine de morts et plus de 150 blessés. Quatre attentats ont eu lieu ces derniers mois dans la capitale, Colombo.
L'Union 24/10/2006
Renseignements : les 118 font grise mine
Presqu'un an après leur apparition le 2 novembre 2005, les services de renseignements téléphoniques en 118 ne reçoivent pas assez d'appels.
Près d'un an après leur apparition en France, les services de renseignements téléphoniques en 118, qui ont remplacé le 12, font face à un marché en pleine dégringolade, avec au moins un tiers d'appels en moins.
Symbole de cette récession : Pages jaunes a revu hier à la baisse son objectif de croissance annuelle en raison « d'un affaissement des volumes d'appels sur le marché des renseignements téléphoniques d'une part, et une moindre part de marché que prévu pour le 118.008 d'autre part ».
Selon plusieurs acteurs du secteur, Pages jaunes est l'un des grands perdants des 118, ayant capté un peu moins de 10 % du marché. « Cela représente entre 50.000 et 60.000 appels par jour, ce qui est très faible », estime Bruno Masset du Biest, PDG du Numéro.
« Décroissance du marché »
« Nous oscillons entre 15 et 20 % de part de marché, alors que nous avions tablé sur 25 à 30 % », assure Valérie Schwartz, directrice voix et services de Pages jaunes. « On assiste à une décroissance du marché, les consommateurs devenant frileux face aux numéros en 118 qui ont tous communiqué en même temps et après une phase de transition qui a été très longue, entre novembre et avril : beaucoup ont pensé que le 12 et les 118 allaient coexister », poursuit-elle.
« Il est toujours un peu facile d'accuser le marché », sourit M. Masset du Biest. Son 118.218 s'est imposé par un matraquage publicitaire et se retrouve grand gagnant de la compétition. Il revendique 40 à 45 % du marché, suivi selon lui du 118.712 (France Télécom) avec 20 % (30 % selon l'intéressé) et du 118.000 (Telegate) avec 15 à 20 %.
Presqu'un an après leur apparition le 2 novembre 2005, vingt-sept numéros subsistent, mais « 90 à 95 % des appels sont partagés entre le 118.218, le 118.712, le 118.000 et le 118.008 », indique Charles Tonlorenzi, PDG du 118.000.
Ils sont condamnés à se partager un butin moins juteux que prévu avec, selon les estimations, entre 30 % et 40 % d'appels en moins, soit 150 millions d'appels contre 225 millions en 2005.
« Une baisse de 30 %, c'est loin d'être catastrophique », tempère le PDG du Numéro, qui rappelle que le marché avait fondu de plus de 40 % au Royaume-Uni et de 50 % en Espagne.
Certains semblent avoir renoncé : 17 numéros ont été rendus, trois sociétés ont cessé leur activité, les 118.333 (NRJ) et 118.007 (Allo Bottin) cherchent des partenaires pour continuer.
Ceux qui restent souffrent, notamment après les attaques des associations de consommateurs qui ont dénoncé leurs tarifs opaques, jugés plus élevés que le 12.
Nouvelles campagnes publicitaires
Alors que le gendarme des télécoms, l'Arcep, publiera mardi prochain les volumes d'appels des 118, ces derniers affrontent une nouvelle phase du marché, celle de la maturité.
Pour garder leurs positions, ils vont continuer leur effort publicitaire, à l'image de Pages jaunes, qui commence une nouvelle campagne : de janvier à septembre, les 118 ont dépensé 201 millions d'euros bruts en publicité. pour un marché estimé, avant sa baisse, à 300 millions annuels, donc 200 millions si la baisse d'un tiers est confirmée.
L'Union 24/10/2006
Les praticiens hospitaliers mobilisés aujourd'hui
Les praticiens hospitaliers sont appelés par trois syndicats (CPH, CGT Santé, Amuhf) à se mobiliser aujourd'hui pour protester contre une réforme qui porte en germe, selon eux, une « précarisation du statut » de près de 33.000 médecins et pharmaciens hospitaliers.
La Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH) appelle à « une journée d'action et de sensibilisation », tandis que l'Association des médecins urgentistes hospitaliers (Amuhf) et la fédération CGT Santé ont lancé un mot d'ordre de grève. L'Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) a indiqué pour sa part « soutenir » cette journée de protestation.
Ce mouvement ne devrait toutefois avoir aucune incidence sur la continuité des soins, les médecins hospitaliers pouvant être assignés par les directeurs d'hôpitaux pour assurer l'accueil des patients.
Les syndicats réagissent à la publication au Journal officiel, début octobre, de deux décrets réformant le statut de praticien hospitalier en instaurant une part variable de rémunération et en modifiant les procédures de nomination.
« Précarisation du statut »
« L'ensemble de ces mesures [.] vise à rendre la carrière plus attractive et à assurer une meilleure reconnaissance morale et financière des praticiens », avait souligné la Direction de l'hospitalisation du ministère de la Santé à la sortie des décrets.
« Ces textes vont conduire à une précarisation du statut » des médecins hospitaliers, dénonce Pierre Faraggi, président de la CPH, qui indique représenter 41 % des praticiens hospitaliers.
Les syndicats contestent notamment la réforme des procédures de nomination, qui confie le pouvoir d'affectation locale des praticiens hospitaliers aux chefs de pôles et aux présidents des Commissions médicales d'établissement (CME), eux aussi praticiens hospitaliers. Jusqu'ici, le ministère de la Santé était seul à décider.
Cette procédure « instaure une hiérarchie entre les médecins hospitaliers, rajoute plus de bureaucratie et détériore les conditions de carrière des praticiens hospitaliers », déplore M. Faraggi.
Pour Patrick Pelloux, président de l'Amuhf, « elle conduit à la possibilité de pouvoir licencier un médecin hospitalier » refusant à deux reprises une affectation.
L'Union 24/10/2006
Bernard Kouchner : « Demain nous paierons davantage »
Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé et candidat à la direction générale de l'OMS, était vendredi soir à Reims pour une conférence à l'école de commerce. Il a évoqué son projet d'assurance maladie élémentaire universelle.
SI le médicament ne représente que 20 % des dépenses de l'assurance maladie, que pense le ministre de la Santé que vous avez été de la nouvelle vague de déremboursements ?
BERNARD KOUCHNER : - On a tendance à vouloir raboter sur les médicaments parce que les dépenses les plus lourdes sont difficiles à diminuer. Il faut évidemment gommer tous les gâchis et gaspillages en essayant d'harmoniser, mais quels que soient ces efforts, notre système de protection coûtera toujours plus cher.
Il faut avoir le courage de le dire puisque nous faisons des progrès sur les molécules et les méthodes de diagnostic, et qu'en plus nous vivons plus vieux en consommant davantage de médicaments. Arrêtons de nous gargariser en faisant des promesses que nous ne tiendrons pas.
La réforme de l'assurance maladie et l'action de Xavier Bertrand vont-elles dans le bon sens ?
B. K. : - Bien sûr. Le ministre de la Santé fait ce qu'il peut. Mais cela ne sera pas suffisant, je pense d'ailleurs que lui-même le sait. Il faut faire comprendre aux gens que l'on doit répartir différemment, la cotisation devant être proportionnelle aux revenus et plus progressive. Si l'on veut ménager ce qui est le plus important dans notre système, c'est-à-dire l'égalité d'accès aux soins, il va falloir qu'on y réfléchisse tous ensemble.
La moitié de la population mondiale vit avec moins de 2€ par jour. En quoi consiste votre proposition d'une assurance maladie élémentaire universelle ?
B. K. : - Il faut commencer à proposer que les pays en développement se dotent d'un système d'assurance maladie, qu'il soit privé ou public, de type mutualiste ou fonctionnant sur le principe du microcrédit. En tout cas, un système qui ne repose pas uniquement sur la charité et permette d'équilibrer un tout petit peu les dépenses en faisant participer la population, à son niveau, avec un panier de soins couvrant, par exemple, la femme et l'enfant. C'est le bon sens.
Vous êtes l'un des 13 candidats, et le seul francophone, à la direction générale de l'Organisation mondiale de la santé. La décision sera rendue le 6 novembre. Que pourriez-vous apporter à ce poste ?
B. K. : - Je veux insister sur l'idée qu'une démarche de santé publique est forcément une démarche politique. On ne peut pas considérer que les pays en développement, qui ne sont pas dotés d'un système de soins suffisant, sont responsables de la même façon que les pays les plus riches. C'est indispensable pour améliorer la prise en charge des grands risques de pandémies qui traversent nos frontières avec le tourisme et l'économie.
Vous êtes la personnalité socialiste préférée des Français. Pourquoi vous être mis en retrait de la vie politique française ?
B. K. : - Je ne me suis pas mis en retrait. Pour être à l'intérieur du Parti socialiste, il faut que le PS ait, lui aussi, un petit penchant pour des activités qui n'ont pas été scandaleuses et qui ont peut-être profité à tous. Il faudrait peut-être leur demander leur avis. En tout cas, je n'y suis pas.
Qui soutiendrez-vous dans la perspective de l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle ?
B. K. : - Je pense qu'il appartient à la social-démocratie (NDR : représentée par DSK) de faire la démarche de globalisation positive et de prise de conscience des transformations de notre monde. Mais laissons les candidats présenter leur programme.
Recueilli par Franck Leclerc
L'Union 22/10/2006
La réforme de la justice amputée de mesures phares
La réforme de la justice, promise par le président de la République avant la fin de son mandat, sera présentée mardi en Conseil des ministres, mais sans changement de composition du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ni création d'une nouvelle faute des juges pour violation délibérée de la procédure pénale.
La disparition de ces deux mesures a été annoncée vendredi à Caen par le Garde des Sceaux, Pascal Clément, au Congrès de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
Trois avocats qui ont défendu des acquittés dans l'affaire de pédophilie d'Outreau, et l'un de ces acquittés, ont dénoncé hier « le corporatisme » des magistrats, après cette annonce du retrait de deux mesures importantes les concernant dans la réforme de la justice.
Sur la composition du CSM, l'organe disciplinaire où les magistrats devaient cesser d'être majoritaires, « il n'existe pas de consensus [.] Il me semble nécessaire de poursuivre la réflexion », a déclaré M. Clément, annonçant l'ouverture d'une « concertation d'envergure qui associera non seulement l'ensemble des acteurs judiciaires, mais aussi d'éminentes personnalités ».
Le ministre a expliqué que la commission d'Outreau avait prévu autant de magistrats que de non magistrats au sein de cet organe disciplinaire, alors qu'il souhaitait un non magistrat de plus. « C'est parce qu'il n'y a pas consensus et pour la paix des esprits que je retire » la réforme du CSM, a-t-il dit, reconnaissant qu'elle ne pourrait être adoptée avant la fin de la législature.
« Marche arrière »
La réflexion devra aussi se poursuivre sur l'instauration de la « nouvelle faute disciplinaire » qui devait sanctionner un juge ayant « délibérément violé les principes directeurs de la procédure pénale et civile ».
Ce point a été retiré en raison d'une observation du Conseil d'Etat sur une question de droit, et il faudra notamment revoir la définition du « caractère grave et intentionnel de la violation des principes », selon le Garde des Sceaux.
Députés et sénateurs examineront donc les autres points de la réforme, à commencer par l'enregistrement audiovisuel obligatoire des gardes à vue dans les affaires criminelles, sauf en cas de terrorisme et de grande criminalité, et celui des auditions chez le juge d'instruction. « Nous considérions que le projet était déséquilibré, donc nous ne pouvons qu'être satisfaits » du report de cette réforme du CSM, a réagi Côme Jacqmin, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).
Pour André Vallini, secrétaire national du PS chargé de la justice et ancien président de la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau, le gouvernement « fait marche arrière » après « avoir annoncé ses réformes à grand renfort de publicité alors qu'elles étaient très partielles et très insuffisantes ».
L'Union 22/10/2006
Logement social : Borloo ne veut pas céder
Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, a affirmé hier à Bry-sur-Marne que l'Etat se substituerait dans certains cas aux communes qui ne respecteraient pas la loi SRU sur les 20 % de logements sociaux en délivrant des permis de construire.
« Je ne veux pas que les 20 % de logements sociaux soient obligatoires et découragent ainsi la construction de logements de tous types. Mais, pour les communes particulières (qui ne respectent pas la loi SRU, ndlr), je ne céderai pas. C'est l'Etat qui délivrera les permis de construire », a expliqué Jean-Louis Borloo.
Il répondait à Christian Favier (PCF), président du Conseil général du Val-de-Marne, qui s'était inquiété du non-respect de la loi SRU (Solidarité et rénovation urbaine) par certaines communes. Selon M. Favier, il manque dans ce département 16.000 logements sociaux dont un tiers dans la seule ville de Saint-Maur.
Cette possibilité d'action, à disposition des préfets, « relève de l'application pure et simple de la loi SRU », a-t-on souligné au ministère, qui précise que « des préfets sont déjà intervenus pour délivrer des permis ».
Jean-Louis Borloo, qui a visité à Bry-sur-Marne un parc de 70 nouveaux logements aidés, a souligné le « triplement » de l'offre de logements conventionnés en France.
Votée en 2000, la loi SRU impose sur vingt ans aux communes de plus de 3.500 habitants (plus de 1.500 habitants en Ile-de-France) un quota de logements sociaux de 20 % des résidences principales.
L'Union 22/10/2006
Assassinat du juge Borrel : le parquet désavoué
La juge française chargée d'enquêter sur l'assassinat du juge Bernard Borrel en 1995 à Djibouti a délivré hier des mandats d'arrêt internationaux à l'encontre des deux principaux suspects de ce dossier, passant outre les réquisitions du parquet.
Ces mandats d'arrêt visent deux repris de justice en fuite, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, considérés par la juge Sophie Clément comme de possibles exécutants de l'assassinat de Bernard Borrel. Mme Clément souhaite pouvoir comparer leur ADN à des empreintes génétiques inconnues retrouvées sur le short du juge.
La magistrate a passé outre l'avis du parquet de Paris qui avait demandé, avant toute délivrance de mandats d'arrêt, de comparer l'ADN du short à celui de militaires qui auraient aidé à mettre en bière le corps du juge.
La délivrance des deux mandats intervient onze ans, jour pour jour, après la découverte du corps, à demi calciné du juge, vêtu d'un slip et d'un tee-shirt, au bas d'une falaise à 80 km de Djibouti.
Pressions
La cour d'appel de Paris a également validé hier une information judiciaire visant l'ancien porte-parole du Quai d'Orsay Hervé Ladsous, pour de supposées pressions sur la justice française dans le cadre de ce dossier et ceci, contre l'avis du parquet.
La justice avait délivré début octobre les deux premiers mandats d'arrêt du dossier Borrel à l'encontre du procureur de Djibouti et du chef des services secrets pour une éventuelle « subornation de témoins ».
« C'est une victoire considérable pour Mme Borrel, les mandats d'arrêt supplémentaires et la décision de la cour d'appel, sont pour nous la preuve que des magistrats indépendants n'acceptent plus les pressions sur ce dossier. C'est un désaveu considérable pour le parquet de Paris », estime Me Olivier Morice, l'un des avocats, avec Laurent de Caunes, de la famille Borrel.
Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, avait assuré que le parquet n'avait aucune intention de faire obstruction à l'enquête.
Motivant les mandats d'arrêt, la juge rappelle qu'un témoin clef, Mohamed Saleh Aloumekani, officier de la garde présidentielle, affirme avoir vu les deux suspects rendre compte avec trois autres hommes de l'assassinat du juge à l'actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Gouled Aptidon.
L'Union 20/10/2006
Médicaments : peut-être de nouveaux déremboursements
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, doit statuer la semaine prochaine sur une nouvelle vague de déremboursement de médicaments, après un avis rendu hier par la Haute autorité de la santé qui vise notamment 89 produits, dont des vasodilatateurs pour les personnes âgées.
La Haute autorité de santé (HAS), une instance consultative composée d'experts scientifiques créée dans le cadre de la réforme de l'assurance maladie, préconise le déremboursement de 89 médicaments jugés à service médical rendu (SMR) insuffisant.
Cette liste comprend des vasodilatateurs, souvent prescrits contre les troubles légers de la mémoire chez les personnes âgées, des antidiarrhéiques, et d'autres produits utilisés en oto-rhino-laryngologie, pneumologie et infectiologie.
Presque tous ces produits sont à prescription médicale obligatoire.
L'Ercefuryl (gastro-entérologie), le Nootropyl (vasodilatateur), le Surbronc (pneumologie) et le Rinurel (ORL) figurent notamment dans la liste.
Les vasodilatateurs, prescrits à environ 300.000 personnes chaque année, sont plus particulièrement dans le collimateur des experts de la HAS.
« Ces médicaments sont prescrits contre les troubles de la mémoire. Or, on ne peut faire croire que des médicaments peuvent redonner la mémoire », estime Laurent Degos, président de la HAS, qui propose comme alternative « des exercices de stimulation de la mémoire ».
La HAS précise toutefois que le déremboursement de ces vasodilatateurs pourrait être « progressif », car « il s'agit de personnes âgées qui ont souvent du mal à changer d'habitudes », juge Gilles Bouvenot, en charge de l'évaluation des médicaments à la HAS.
Pour 44 autres médicaments, l'organisme consultatif préconise un « maintien global du remboursement lorsque l'ensemble des indications d'un médicament sont à SMR suffisant », mais il recommande une prise en charge « limitée » lorsque ces médicaments sont jugés à SMR insuffisant pour certaines pathologies.
Le SMR d'un médicament, apprécié en fonction de son efficacité, effets indésirables, gravité de la pathologie traitée, etc., peut être jugé insuffisant, faible, modéré ou important.
La balle est désormais dans le camp de M. Bertrand qui rendra sa décision « la semaine prochaine », a annoncé le ministère.
« Une mauvaise décision »
Outre les échéances électorales, une enquête menée en septembre par le magazine 60 Millions de consommateurs pourrait inciter le gouvernement à la prudence.
Elle montrait en effet une envolée des prix des médicaments déremboursés - mais toujours en vente libre -, fixés par les seuls industriels du secteur pharmaceutique, les pharmaciens, et les grossistes intermédiaires.
Cette nouvelle vague annoncée de déremboursements fait suite à deux précédentes listes du même type : 82 médicaments avaient été déremboursés à l'été 2003, suivis en mars 2006 d'une deuxième vague de 156 médicaments.
Les entreprises du médicament (Leem) ont jugé qu'une nouvelle vague de déremboursement serait « une mauvaise décision [.] car les médicaments déremboursés sont suivis de transferts de prescriptions vers d'autres produits parfois plus chers, plus difficiles à manier ».
L'Union 20/10/2006
Hôtellerie-restauration : les 35 heures seront la règle
Le Conseil d'Etat a fait basculer hier le secteur de l'hôtellerie et de la restauration aux 35 heures. « Une révolution culturelle » pour la CFDT, un recul pour les salariés selon le patronat.
Le Conseil d'Etat a annulé hier l'accord sur les 39 heures dans les hôtels-restaurants, qui basculent ainsi pour la première dans le régime des 35 heures, une « révolution culturelle » pour la CFDT, mais un recul pour les salariés selon le patronat.
Cette décision ne changera pour autant pas automatiquement la durée réelle du travail. Rien n'empêchera les entreprises de faire travailler 39 heures, mais les heures entre la 36e et la 39e heure devront être payées en heures supplémentaires, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici.
La haute juridiction administrative, saisie par la CFDT, a annulé un accord de juillet 2004 signé par le patronat et trois syndicats (FO, CFTC, CFE-CGC), qui accordait une 6e semaine de congés payés moyennant le maintien des 39 heures.
Le Conseil d'Etat a également demandé le versement rétroactif des heures supplémentaires depuis le 1er janvier 2005. Avant l'accord de juillet 2004, les 800.000 salariés du secteur étaient soumis à un système dérogatoire, avec une durée du travail hebdomadaire de 43 heures de 1999 à 2002, puis de 39 heures, de 2002 à 2004. « C'est un sentiment de victoire pour les salariés. C'est une révolution culturelle dans ce secteur », a déclaré Johanny Ramos (CFDT). Cela « va enfin nous permettre de négocier sur la base du droit commun », a renchéri Stéphane Fustec (CGT).
Mais pour le patronat et les syndicats signataires de l'accord de 2004, le régime des 35 heures va faire « baisser les salaires », déjà très bas dans la profession.
« Les accords de 2004 prévoyaient un Smic supérieur de 280 euros au Smic de droit commun et deux jours fériés », rappelle en effet l'Umih, principale organisation patronale. « Désormais, le Smic serait réduit au niveau du droit commun et la 6e semaine serait perdue. »
« Coup terrible pour l'emploi »
La CFDT a « transformé un accord gagnant-gagnant en un accord perdant-perdant », a accusé le président de l'Umih, André Daguin. Selon ses calculs, la 6e semaine, prenable ou payable, était « deux fois plus avantageuse financièrement que ne le seront les heures supplémentaires du régime des 35 heures dans les petites entreprises, soit 90 % du secteur ».
Concernant le paiement rétroactif des heures supplémentaires, dont les conséquences ne sont pas encore bien mesurées, M. Daguin a affirmé que « ce sont les employés des entreprises de moins de 20 salariés qui vont devoir payer à leurs employeurs le trop perçu ».
« Mais chez les plus de 20 salariés, ce sont les employeurs qui devront payer : ça va leur coûter entre 1,2 % et 1,5 % de la masse salariale, et il ne va pas falloir compter sur eux pour faire des progrès sociaux », a-t-il prévenu.
Du côté des petits patrons, le Synhorcat a déploré une décision qui plonge dans une « confusion totale les 800.000 actifs du secteur ».
« C'est un coup terrible pour l'emploi », dans un secteur qui connaît déjà une pénurie chronique, a-t-il affirmé. La CGT a d'ores et déjà averti qu'elle inciterait les salariés à aller devant les Prud'hommes en cas de non-paiement par les employeurs des heures supplémentaires rétroactivement dues.
L'Union 19/10/2006
« On veut notre disparition ! »
Quatre questions à François Béguin, vice-président de l'UMIH-Ardennes (union des métiers et des industries de l'hôtellerie).
Comment accueillez-vous la décision du Conseil d'État ?
« Elle est catastrophique. Payer 18 mois de rappel d'heures supplémentaires à 15 %, de la 36e à la 39e heure, ce n'est pas tout. Il nous faudra encore rémunérer les heures effectuées au-delà de 40 heures à 25 % et assumer le poids des charges salariales patronales. Pour une entreprise qui emploie deux salariés, par exemple, cela représente environ 6.000 euros et un temps fou pour reprendre et vérifier tous les bulletins de salaires, un par un. Une véritable usine à gaz ! »
Quelles sont les conséquences de l'annulation de l'accord de 2004 pour les salariés ?
« La décision du Conseil d'État supprime, de fait, la sixième semaine de congés payés qui avait été accordée en compensation du maintien des 39 heures. Elle aura aussi de graves conséquences sur les salaires. L'accord de 2004 prévoyait un Smic supérieur à 280 euros et deux jours fériés. Tout cela est balayé. Les salaires risquent d'être moins attractifs et, forcément, cela risque d'écarter de nos métiers des gens compétents et motivés. »
Et pour les entreprises ?
« Je pense surtout aux plus petites d'entre elles. Dans les Ardennes, 80 % des 650 entreprises du secteur emploient moins de cinq salariés. Pour la plupart, assumer dix-huit mois de rappels d'heures supplémentaires leur sera financièrement insupportable. Après la chasse à l'alcool, les menaces qui pèsent sur la consommation de tabac dans nos commerces et l'échec de la TVA à 5,5 %, la profession se sent harcelée. Au passage, je rappelle que l'hôtellerie-restauration emploie en France 800.000 personnes. On voudrait tuer ce secteur économique, le 4e de France en terme de chiffres d'affaires, qu'on ne s'y prendrait pas autrement. »
L'UMIH parle de déclin des métiers de l'hôtellerie-restauration. Est-ce une réalité ?
« Je constate que le secteur ne va pas bien. A Sedan, par exemple, une réunion est prévue le 30 octobre pour évoquer avec les professionnels et les pouvoirs publics ce qui peut être fait pour être plus attractifs. Croyez-vous qu'on puisse l'être en réduisant les horaires d'ouverture - ce qui risque de se produire si on veut pouvoir tenir le coup -, donc en baissant la qualité du service. Dans les campagnes, notamment, la décision du Conseil d'État risque d'accentuer la désertification des territoires. »
Recueilli par Gilles Grandpierre
L'Union 19/10/2006
Les facteurs ruraux ont le blues
Disparition du rôle traditionnel de lien social des facteurs de campagne, rallongement des tournées : les facteurs ruraux français sont nombreux à exprimer leurs inquiétudes face à la perspective d'une ouverture totale du marché postal à la concurrence en Europe en 2009.
« J'ai peur qu'avec cette perte de monopole, on n'ait plus les moyens de jouer notre rôle social. Il faudra aller plus vite, faire toujours un peu plus », confie Jean-Claude Guillon, 50 ans, facteur au Dorat (Haute-Vienne) depuis 32 ans.
« Nous connaissons bien le terrain. Quand ça ne bouge pas chez quelqu'un, on s'arrête voir si tout va bien. On est à l'écoute des gens », explique Hubert Laurent, 37 ans, contractuel depuis 15 ans à La Poste et facteur dans la presqu'île de Plougastel Daoulas (Finistère).
Libéralisation totale en 2009
« J'ai peur que pour être compétitive, La Poste va s'engager dans une logique de rentabilité », renchérit Patrice Savy, 38 ans, facteur dans la région semi-rurale de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) depuis 15 ans.
La Commission européenne a proposé hier de libéraliser complètement tous les services postaux en 2009, dont l'envoi des lettres de moins de 50 grammes en courrier ordinaire, malgré les réserves d'une dizaine de pays membres et l'opposition des syndicats.
Les facteurs ruraux craignent, eux, que la recherche de bénéfices ne conduise à un rallongement de leur tournée quotidienne. Pour Jean-Claude Guillon, en 2009, les kilomètres qu'il aura à parcourir en vélo pour distribuer le courrier vont doubler, soit 160 km contre 80 par jour aujourd'hui. « Je parcours 20 km à vélo par jour, en 2009, je devrais en faire 40 », estime pour sa part Patrice Savy.
Se disant « fermement » attachés aux services publics, Jean-Claude, Patrice et Hubert craignent que ce virage global n'en détériore la qualité. Ils redoutent aussi en vrac que toutes les zones ne soient pas desservies de la même façon, la disparition à terme de la péréquation du prix du timbre et les retards « inévitables » dans la distribution du courrier qui risquent de pénaliser notamment les « petits artisans ».
L'Union 19/10/2006
Les Américains sont 300 millions
La population des Etats-Unis a atteint hier le cap historique des 300 millions d'habitants, a annoncé le Bureau du recensement américain qui a mis en scène l'événement en installant pour les caméras du monde entier une horloge électronique marquant l'étape symbolique. Les Etats-Unis sont le troisième pays le plus peuplé, loin derrière la Chine et l'Inde.
Double mise en garde pour Pyongyang
Dans une déclaration adoptée hier, les 25 pays de l'Union européenne ont appelé Pyongyang à « s'abstenir de procéder à tout nouvel essai nucléaire ou lancement de missile », et condamné « fermement » l'essai nucléaire du 9 octobre. A Washington, la Maison Blanche a aussi mis en garde la Corée du Nord. Ce ne serait pas « une bonne chose » pour les Nord-Coréens. Les spéculations sur un nouvel essai interviennent au moment où les Etats-Unis multiplient les contacts diplomatiques pour assurer la mise en œuvre effective des sanctions de l'ONU.
Airbus va dégraisser en Allemagne
L'avionneur européen Airbus va se séparer d'un millier d'intérimaires en Allemagne et va recourir à une série de mesures pour compenser le ralentissement de l'activité dans ses usines, après les problèmes rencontrés par l'A380. Il va également mettre en œuvre sept mesures, destinées à compenser des interruptions de production intervenues en parallèle aux retards de livraison rencontrés par le géant des airs.
La Pologne garde sa coalition bancale
Le Premier ministre conservateur polonais Jaroslaw Kaczynski a rafistolé lundi soir une coalition controversée avec les populistes, plutôt que d'affronter des élections anticipées très risquées pour son parti. Grâce à cet accord, le gouvernement a pu sans problème défaire hier une motion présentée par l'opposition libérale et sociale-démocrate réclamant l'autodissolution du Parlement et l'organisation de nouvelles législatives.
Irak : plus de 3.000 policiers renvoyés
Plus de 3.000 policiers irakiens ont été exclus des rangs de la police, a annoncé hier le porte-parole du ministère de l'Intérieur, en annonçant un mouvement de réorganisation au sein de la police nationale. 1.228 ont été renvoyés pour « infractions aux lois » et 2.000 autres pour « faute professionnelle ». Le 4 octobre, dans une décision sans précédent, une brigade entière de la police irakienne - soit 800 à 1.200 hommes - a été démobilisée et renvoyée dans une base américaine pour refaire son entraînement.
L'Union 18/10/2006
Collision meurtrière dans le métro de Rome
Une collision hier matin entre deux rames de métro en plein centre de Rome à une heure de pointe a fait un mort et plus d'une centaine de blessés, dont cinq grièvement, selon un bilan provisoire des pompiers.
La victime est une Italienne d'une trentaine d'années, selon le maire de Rome Walter Veltroni, qui s'est aussitôt rendu sur place.
Selon plusieurs témoignages, une rame était à l'arrêt à la station Vittorio Emanuele, près de la gare Termini, lorsqu'elle a été percutée par l'arrière par une autre rame.
L'accident s'est produit alors que les passagers de la première rame commençaient à descendre. A la suite du choc, l'électricité a été coupée. La femme tuée se trouvait dans la voiture de queue du train percuté.
Selon les premiers éléments tirés de l'enregistrement des conversations dans la salle des commandes, cette dernière aurait autorisé le conducteur à passer au feu rouge, tout en respectant une vitesse modérée, pour désengorger le trafic.
Le conducteur de la rame a été interrogé hier après-midi par le magistrat chargé de l'enquête, mais il est encore sous le choc et n'aurait plus « aucun souvenir de l'accident ».
Un couple franco-belge d'une cinquantaine d'années figure parmi les blessés, selon le consulat de France. L'homme a reçu cinq points de suture à la tête.
Les opérations de secours ont été menées rapidement et ont pris fin peu avant midi alors qu'un énorme embouteillage paralysait le centre de la capitale italienne.
L'Union 18/10/2006
Retraites : les fins de mois difficiles de Madeleine
Rassemblements, distributions de tracts, des manifestations locales sont prévues demain pour la revalorisation des retraites. A Reims, Madeleine, 85 ans, vit avec 1.000 euros par mois.
« Le mois dernier, il me restait cinq euros. » Madeleine regarde à la loupe son relevé de banque. A 85 ans, elle perd la vue. Un problème de rétine. Elle est contente d'avoir conservé toute sa tête malgré une opération du crâne. Elle fait ses comptes : « Une fois que j'ai tout payé, il me reste 1.900 francs pour vivre. Cela fait combien en euros ? » 289 euros.
« Je me suis toujours privée »
Lorsqu'elle a réglé le loyer - 474 € pour un coquet F2 dans un foyer logement pour personnes âgées de Reims -, la femme de ménage - 103 € pour deux heures par semaine -, la mutuelle - 94 € -, les impôts locaux - 56 € -, la convention obsèques - 35 € -, et les impôts - 12 € - sur ses modestes revenus - environ 1.000 € de retraite et de pension de réversion -, « Mado » n'a pas de quoi faire des folies.
« J'achète des légumes une fois tous les quinze jours au marché. Pas de fruits. C'est trop cher. Je fais des soupes. De temps en temps, je fais un pot au feu. Je peux en manger pendant trois jours. Avec une grosse scarole, je tiens la semaine. Pour les vêtements, à mon âge, on n'a pas besoin de grand-chose. Je ne sors plus beaucoup. Et puis, ma famille m'en offre. » Elle porte un gilet en polaire, cadeau de sa petite-fille.
Malgré des fins de mois avec des hauts et des bas - 76,99 € au 1er octobre -, Mado ne se plaint pas : « Je ne suis pas une femme à geindre. Je me suis toujours privée de tout pour élever mes enfants. J'ai eu une vie de travail et de privations. » Madeleine a eu son lot de malheurs. Veuve à 31 ans avec deux fils de huit et trois ans, elle s'est retrouvée dans « une misère noire », dit-elle. Elle a fait des ménages, tricoté pour les indigents au Secours catholique en échange de nourriture avant de travailler dur pendant 37 ans comme manutentionnaire aux Docks Rémois, « un travail de bagnard ».
« On mettait le vin en bouteilles sous une verrière, un travail à la chaîne très fatiguant. L'hiver, c'était une vraie glacière. L'été, on travaillait les pieds dans un bac d'eau froide tellement on étouffait. »
Mado s'est rebiffée. Elle s'est syndiquée. « Je me suis mise déléguée du personnel pour avoir droit à la parole. Je me suis battue pour avoir une vie meilleure et pour les autres. »
« Trop résignés »
L'octogénaire s'emballe : « Les retraités sont trop résignés. Beaucoup disent : « A quoi ça sert de se battre pour ce qu'on a encore à vivre ». Mais ils doivent se battre pour eux et pour les retraités qui arrivent derrière eux. »
Revalorisation des retraites, augmentation du pouvoir d'achat, pension de réversion complète sans plafond de ressources, Mado égrène les principales revendications pour lesquelles elle défile depuis 23 ans qu'elle a cessé le travail, à 62 ans.
« Ce qui m'embête le plus, c'est de pas pouvoir aller à la manif jeudi », regrette la doyenne rémoise de la CGT. Ses jambes la lâchent. De l'artérite. Elle marche avec une canne. « J'ai toujours eu une volonté du tonnerre. Avec 2.000 francs de plus par mois, ça irait mieux. »
Francis Dujardin
L'Union 18/10/2006
Flippers et baby-foot vont réanimer les bistrots
Les baby-foot et flippers ont déserté les cafés pour cause de trop forte taxe. L'annonce d'un impôt unique de 5 euros par jeu et par an devrait relancer la fréquentation des bistrots et la filière qui perd 400 emplois chaque année.
Le claquement de la petite boule de flipper ou de celle du baby-foot devrait rythmer à nouveau la vie des bistrots. Un grand retour favorisé par le coup de pouce fiscal annoncé hier pas Jean-François Coppé, ministre délégué au Budget.
Selon le bon vouloir des maires, la taxe sur les jeux traditionnels installés dans les cafés est actuellement comprise entre 16 et 92 euros en moyenne par an et par appareil. Cette taxe sera ramenée à 5 euros par jeu, baby-foot, flipper, billard ou fléchettes. Une mesure destinée à restaurer la convivialité dans les cafés au moment où leurs gérants craignent une baisse de fréquentation avec la prochaine interdiction de fumer.
Patrick Patat, dont la société créée par son grand-père à Reims installe des appareils dans les cafés depuis quarante ans, est aux anges.
« Dans une grande ville comme Reims, la taxe s'élève à 368 euros par appareil, c'est la plus forte taxe de la région. La ramener à 5 euros est évidemment pour nous une bouffée d'oxygène. »
Survie
Patrick Patat ne compte plus les appareils stockés chez lui. Les baby-foot et flippers qu'il a dû « rentrer » parce qu'ils n'étaient plus rentables ou tout simplement parce que les cafés qui les abritaient fermaient leurs portes faute de clients, notamment dans les zones rurales. « Il arrive qu'on laisse des jeux uniquement par amitié », indique l'exploitant.
S'il a actuellement quelque 200 appareils en fonctionnement, il rappelle le temps où il en avait plus de 800 qui occupaient 8 employés contre 2 aujourd'hui.
Pas question de réembauche pour l'instant : « On va déjà se maintenir. On est sorti du coma mais on est toujours à l'hôpital », commente-t-il en appréciant le « geste sympa du gouvernement ».
Dans la région également puisqu'il est de Charleville-Mézières, José Hody, le président de la confédération française des exploitants de jeux automatiques, parle d'une victoire. « On se bat depuis des années pour redynamiser les cafés en France. » Il estime que « 40.000 appareils sont stockés dans les hangars ».
Si cette taxe à Reims est la plus chère, celle de Charleville atteint 244 euros et celle de Laon 247 euros par appareil. De quoi décourager les exploitants qui ne se précipitaient plus pour installer un flipper dans un café déserté. Des exploitants qui étaient en passe de disparaître. Ils ne sont plus que 800 en France pour 2.000 salariés. Selon M. Hody, « quatre exploitants disparaissent chaque semaine ».
« Stopper l'hémorragie »
« Nous perdions environ 400 emplois chaque année », déplore le président national. La taxe unique de 5 euros devrait remettre les machines dans le circuit, rouvrir le marché et donc favoriser la création d'emplois.
« Peut-être pas les 600 emplois annoncés par le ministre d'ici à la fin de l'année, mais au moins stopper l'hémorragie », selon Patrick Pattat à Reims qui ne compte pas recréer des emplois à court terme.
« On sait qu'on va survivre, c'est tout pour l'instant et c'est une bonne chose naturellement, mais ça ne mettra pas plus d'argent dans la poche des gens. »
Françoise Kunzé
L'Union 17/10/2006
Les communes pénalisées
Si M. Coppé a pris soin d'assurer que l'opération était « neutre pour le contribuable » puisque la diminution de la taxe sera compensée par une augmentation des recettes et donc de la TVA, ce sont les communes qui devraient être pénalisées.
Ainsi de la ville de Reims qui empoche la plus forte recette de la région, compte tenu du nombre d'appareils encore en service dans les cafés de la commune. A savoir la somme de 21.563 euros pour l'année 2005. Mais, attention, cette somme englobe la totalité de l'impôt sur les spectacles et pas uniquement la taxe sur les jeux automatiques. Un impôt dit de 5e catégorie collecté par les services des douanes.
Si la taxe passe de 368 à 5 euros par an et par jeu, cette recette deviendra effectivement dérisoire
L'Union 17/10/2006
Une nouvelle explosion de violence redoutée
Après la série d'incidents entre policiers et jeunes en banlieue parisienne, syndicats de policiers, associations et élus s'inquiètent des risques d'une nouvelle explosion à dix jours de l'anniversaire du début des émeutes d'octobre-novembre 2005.
En quatre semaines, trois incidents sérieux ont mis aux prises policiers isolés, dont certains ont été blessés, et jeunes agresseurs : le 19 septembre aux Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), le 1er octobre dans la cité des Musiciens aux Mureaux (Yvelines), le 13 octobre à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).
L'Observatoire national de la délinquance a d'ailleurs recensé une hausse de 9,78 % des violences contre les « dépositaires de l'autorité » (policiers, gendarmes, pompiers, enseignants), d'octobre 2005 à septembre 2006.
« Gendarmes et policiers, c'est un travail difficile qui demande à être respecté et soutenu », a déclaré M. Sarkozy à Limoges. Il leur a témoigné sa « solidarité la plus totale », affirmant que « les auteurs seront pourchassés, arrêtés et déférés à la justice ». Les syndicats de police seront reçus aujourd'hui par son directeur de cabinet, Claude Guéant.
« Démotivation », « manque de moyens », « suspicion », « caillassages répétés », « interventions risquées » : les policiers de terrain et leurs syndicats expriment en termes forts leur « ras-le-bol ».
Hier, lors d'une rencontre à Matignon avec M. de Villepin, des associations ont dit être « un peu inquiètes » au vu des « tensions dans les quartiers », a rapporté Hassan Ben M'Barek (collectif Banlieues respects).
A Clichy-sous-ois, où les premières violences avaient éclaté le 27 octobre 2005, une grappe de garçons de 15-16 ans du quartier Anatole-France « espèrent bien fêter l'anniversaire », si les policiers viennent les « provoquer ».
« Comme par hasard, des associations nous ont signalé la semaine dernière qu'elles observaient un retour en masse des policiers dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis », observe Mohamed Mechmache, éducateur à Montfermeil et président d'AC le feu, qui confie : « On ne veut pas revivre ce qu'on a vécu l'an dernier et pourtant on dirait que tout est fait pour entraîner ces quartiers sur un terrain glissant ».
L'Union 17/10/2006
Médicaments : la guerre des prix a commencé
Pour compenser le manque à gagner causé par le déremboursement de certains médicaments, des pharmacies augmentent leurs prix. D'autres luttent contre des tarifs qu'elles jugent « excessifs ».
Une boîte de paracétamol ou d'ibuprofène à 1 euro, un flacon de carbocistéine ou une boite de d'acétylcystéine (des fluidifiants bronchiques) respectivement à 1,95 et 2 euros.
Alors que les prix flambent dans les officines depuis les déremboursements de certains médicaments, dans une pharmacie rémoise, les prix de quatre produits défient toute concurrence.
Fin septembre, le mensuel « 60 millions de consommateurs » révélait que dans une même pharmacie, entre le début et la mi-mai, le prix moyen de 21 médicaments déremboursés en mars avait tout simplement doublé, avec des hausses comprises entre 33 % et 349 % ! Récemment, à Reims, un lecteur s'étonnait de constater cinq euros d'écart sur le même médicament entre deux pharmacies locales.
« Pharmacie pas chère »
Le sujet n'est pas nouveau. Il revient sur la scène avec la prochaine vague de déremboursements. Jeudi, la Haute autorité de santé recommandera au ministre de la Santé le déremboursement de 145 médicaments dont l'utilité médicale est jugée « insuffisante » (voir ci-dessous).
« Cette offensive sur les prix est de notre propre initiative », explique la pharmacienne rémoise. « La concurrence est partout, même dans notre domaine. Les clients font de plus en plus attention à ce qu'ils achètent. De notre côté, on en a marre d'entendre que nos prix ne font que flamber et que nous sommes des escrocs. Notre objectif est de maîtriser les coûts au contraire. Nous voulons être une pharmacie pas chère. C'est un début. ».
Afin de tirer sur les prix, la pharmacie a opté pour l'achat en gros. « Nous sommes tributaires des laboratoires », poursuit la pharmacienne. « Le prix final est principalement dicté par le fabriquant. Après les déremboursements, les industriels ont augmenté leurs prix, la TVA a également changé. Il fallait trouver des solutions. Nous avons pris l'option des achats groupés, sur des produits de base, hors marque ».
Prix unique ?
Ces augmentations excessives, la Fédération syndicale des pharmaciens de France (FSPF) les déplore. « La vente de produits déremboursés s'est littéralement effondrée », précise l'Ardennais Philippe Berthelot, chargé de communication au bureau national de la FSPH. « Quand on vendait hier 10 boîtes d'un produit remboursé, on en vend désormais plus qu'une. Pour compenser, les laboratoires ont augmenté leurs prix. Les officines n'ont fait que les répercuter. Mais la marge des pharmaciens est restée la même. Pour certains, elle a même plutôt baissé ».
Le pharmacien considère que ces prix très bas sont « une stratégie commerciale ». « Nous sommes sur un marché concurrentiel certes. Chaque pharmacien est libre de pratiquer les prix qu'il souhaite sur les médicaments déremboursés. A long terme, je trouve ça contrariant. C'est une option mercantile qui ne fait pas très sérieux ». La FSPH milite actuellement en faveur d'un prix unique. « Comme pour les livres », poursuit le pharmacien ardennais. « Un prix fixé avec les laboratoires et qui ne varierait que de quelques pour cent. Cela éviterait une dérive commerciale qui, si elle se poursuivait, pourrait déstabiliser notamment les petites officines de village ».
Catherine Tellier
L'Union 17/10/2006
145 références sur la sellette
Jeudi, la Haute autorité de santé recommandera au ministre de la Santé le déremboursement de 145 médicaments dont l'utilité médicale est jugée insuffisante. Ce sera la troisième vague de déremboursement.
« Ce n'est pas encore fait », commente l'Ardennais Philippe Berthelot. « Ce sera au ministère de la Santé de trancher. Il faut donc attendre les propositions de Xavier Bertrand. Devant les nombreuses protestations qui sont nées à la suite des déremboursements du mois de mars, mécontentements tant au niveau du public que des pharmaciens, le ministre de la Santé pourrait tempérer cette proposition. Nous espérons vivement qu'il en tiendra compte ». Ce dernier devrait rendre sa décision « en début de semaine prochaine », a indiqué hier le ministère.
Après les antiseptiques, les sirops contre la toux, les veinotoniques, les collyres. les produits ciblés seraient principalement de vasodilatateurs, prescrits pour les pathologies du vieillissement.
Dans son édition d'hier, le quotidien « Aujourd'hui en France », publie la liste des médicaments qui ont eu « un service médical rendu » insuffisant pour toutes leurs indications. Le Tanakan, le Sermion, l'Iskedyl, le Nicergoline, le Piracetam, le Pentoxifylline, la Gabacet, l'Hydergine, l'Olmifon, le Rheobral, le Vasobral, le Vinca ou bien encore le Ginkogink seraient entre autres visés : des vasodilatateurs prescrits à des millions de personnes âgées dans le cas de déficits intellectuels liés à l'âge (trouble de la mémoire). Les vasodilatateurs injectables liés à des poussées d'artérite (Fonzylane, Torental, Vadilex, Trivastal..) seraient également sur la sellette.
On y trouverait ensuite des produits contre la toux et des affections ORL (Pneumorel, Rinurel, Surbronc, Thiovalone), des médicaments contre la diarrhée et les troubles digestifs (Ercefuryl, Nifuroxaride, Panfurex, Salicairine.) ainsi que des antibiotiques (Trimadiaz).
Des médicaments actuellement pris en charge à 35 % par la sécurité sociale et qui font l'objet d'une prescription obligatoire. Et pour lesquels le coût de leur prise en charge par l'assurance maladie s'élève à 310 millions d'euros par an.
C. T.
L'Union 17/10/2006
Ces médecins qui n'aiment pas les pauvres
Près de 4 médecins sur 10 refusent les soins aux bénéficiaires de l'Aide médicale d'Etat (AME) ou tentent de les dissuader de venir les consulter, et près de 1 médecin sur 10 refuse ces soins aux patients relevant de la Couverture maladie universelle (CMU), affirme Médecins du Monde (MdM) après un « testing » auprès de médecins généralistes.
Il s'agit de la quatrième enquête depuis 2002 sur ce sujet « tabou » du refus de soins, rappelle MdM, et de la plus large par le nombre de médecins testés (725) et de régions concernées (10 villes).
Rendez-vous a été demandé début 2006 par téléphone au même m&eacut |